Mendel Marcel Langer

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Marcel Langer en 1944 Archives départementales de la Haute-Garonne

Marcel Langer en 1943
Archives départementales de la Haute-Garonne

Mendel Langer dit Marcel

1903-1943

Marcel Langer, militant communiste, fut le créateur et le premier chef de l’emblématique 35ème Brigade FTP-MOI, le groupe le plus cosmopolite de la région, composé d’Italiens, Espagnols, Polonais, Roumains, Hongrois, Allemands, Brésiliens, Français…

M. Langer en combattant républicain, Espagne, 1938

M. Langer a rejoint les Brigades internationales pendant la guerre d’Espagne en 1936.

Mendel « Marcel » Langer était polonais, Juif, ayant du fuir avec sa famille les pogroms de Pologne et rejoindre la Palestine, avant d’en être chassé par les Britanniques. Réfugié en France, il trouve un poste d’ouvrier à Toulouse, avant de s’engager comme officier dans l’Armée républicaine espagnole pendant la guerre civile.

Il fut le seul résistant guillotiné à Toulouse à l’intérieur de la prison Saint-Michel le 23 juillet 1943.

M. Langer a mis en place à Toulouse et dans la région les moyens d’agir contre les Allemands, de pratiquer l’action directe voire une forme de guérilla urbaine. Il a mis en place, aux côtés d’autres personnes de la MOI, un petit groupe d’une grande efficacité. De nombreuses actions retentissantes et déstabilisantes pour le pouvoir furent l’œuvre de la 35ème Brigade à Toulouse.

camion allemand grenadé Toulouse-Boursier

Son destin bascule brutalement en février 1943 lorsqu’il est arrêté par la police française à la gare Saint-Agne en possession d’une valise remplie de bâtons de dynamite. Conduit au commissariat du rempart St Etienne, il est interrogé et battu. Malgré la violence des nombreux interrogatoires, il ne dit rien.

Février 1943 C. ADHG

Février 1943
C. ADHG

L’instruction terminée, il est enfermé à la prison Saint-Michel. Ses camarades, Jacob Insel et Jan Gerhrardt en particulier, lui trouvent un avocat, Maître Arnal.

Son procès s’ouvre devant une juridiction française et la condamnation est radicale. Il est condamné à mort pour simple transport d’explosifs. Mais le réquisitoire de l’avocat général est impitoyable : parce qu’il est étranger, juif, communiste et terroriste, ce dernier demande sa tête.

Malgré les démarches de Maître Arnal auprès du Ministère à Vichy pour obtenir la grâce de Mendel Langer, la sanction est maintenue.


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La photographie de sa famille, fondée en Espagne, qui se trouvait dans son portefeuille lors de son arrestation, conservé aux Archives départementales de la Haute-Garonne (ADHG)

La photographie de sa famille, fondée en Espagne, qui se trouvait dans son portefeuille lors de son arrestation, conservé aux Archives départementales de la Haute-Garonne (ADHG)



 


La guillotine est convoyée depuis Paris par le bourreau en chef, M . Desfourneaux, qui installe sa machine dans la cour de la prison.

À l’aube du 23 juillet 1943, Langer est conduit dans la cour de la prison. L’atmosphère est tendue dans la prison, c’est la première fois qu’on guillotine un partisan à Toulouse. Sur l’échafaud, Marcel Langer s’adresse à ses juges «Si c’était à refaire, vous entendez, je recommencerais! Je meurs pour la France et pour une humanité meilleure…» Ses derniers mots sont à l’image de sa vie et de son combat « Mort aux Boches! Vive la France! Vive l’homme libre! »

Le soir même, un soldat allemand fut abattu rue Bayard par ses camarades qui lui avaient fait la promesse de le venger. Puis quelques mois plus tard, le 10 octobre 1943, après avoir longuement préparé l’opération, des membres de la 35ème Brigade surprennent le magistrat, le véritable responsable, devant son domicile, quartier des Demoiselles. Il est abattu de plusieurs balles tandis que les résistants s’enfuient à bicyclette.

Nb : MOI : Main d’Oeuvre Immigrée / FTP : Francs Tireurs et Partisans

Exhumation de Mendel Langer par ses amis, 1944

Exhumation de Mendel Langer par ses amis, 1944