Albert Lautman

Page
Albert Lautman

Albert Lautman

Albert Lautman

dit Langeais

1908-1944

Jeune philosophe, étudiant doctorant de Léon Brunschvicg, Albert Lautman a laissé une œuvre inachevée qui a marqué le renouveau de la conception des mathématiques en philosophie.

En 1936, il  se lie d’amitié avec Jean Cavaillès et multiplie avec lui les travaux philosophiques sur la pensée des mathématiques, acceptée des scientifiques les plus réticents.

lautman livre

Nommé professeur à la Faculté de lettres de Toulouse, il est mobilisé en 1939 comme capitaine. Il est fait prisonnier en juin 1940. Après de multiples tentatives, il s’évade avec d’autres camarades par un tunnel patiemment creusé pendant des mois.

Revenu à Toulouse, les lois antisémites lui ayant fait perdre son poste à la faculté, il s’engage dans la résistance. Agent du réseau d’évasion Pat O’Leary puis Françoise, il fait franchir la frontière clandestinement aux personnes traquées et aux aviateurs alliés. En 1943, il rejoint l’état-major départemental de l’Armée Secrète. Il devient en 1944 le responsable des maquis du secteur 1 (Grenade) aux côtés d’Albert CAROVIS.

Arrêté le 15 mai 1944 par la Gestapo, il est emprisonné à Saint-Michel. Le 2 juillet 1944, il fait partie du convoi du « Train fantôme » pour Dachau. Les bombardements alliés stoppent le train à Bordeaux, Albert Lautman est choisi comme otage par les Allemands.

Il est fusillé le 1er août 1944 avec 46 prisonniers au camp de Souge.

Francisco Nitti témoigne des derniers instants d’Albert Lautman à la synagogue de Bordeaux (Chevaux 8, hommes 70, ed. Chantal)

 

“Un jour, vers quatre heures, un des chefs de l’escorte, lut à haute voix une liste de dix noms. Il y avait Lautmann parmi ces noms. On ordonna à nos camarades de préparer leurs bagages. Le silence était absolu. Nous les vîmes partir, ils passèrent parmi nous en étreignant des dizaines de mains qui se tendaient vers eux. Je vis Lautmann traverser la salle, se diriger vers la sortie d’un pas rapide et d’un air calme et serein. (…) Amenés au fort du Hâ, nos camarades firent partie d’un groupe de 46 prisonniers de la Gestapo fusillés au camp de Souge”.

 

Texte E. Leroy

Retour aux portraits