Première manifestation de Résistance à Toulouse

Résistance Toulouse
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5 novembre 1940

L’une des premières actions spectaculaires de résistance fut mise au point par des jeunes gens, membres des jeunesses communistes ou sympathisants. L’opération, très ingénieuse, visait à gâcher la première sortie officielle du maréchal Pétain.

© Germaine Chaumel

© Germaine Chaumel

Le 5 novembre 1940, le maréchal Pétain fait sa première visite officielle en zone dite libre depuis l’Armistice et choisit le Sud-Ouest et Toulouse. Le Maréchal est accueilli en « grandes pompes » par les autorités et les personnalités religieuses et politiques de la ville. C’est un événement majeur, les Toulousains sont venus en masse acclamer le « vainqueur de Verdun ».

Archives Institut d'Histoire Sociale de la CGT

Archives Institut d’Histoire Sociale de la CGT

Un petit groupe de jeunes gens, dont André Delacourtie, Jean Bertand, Yves Bettini, Marcel Clouet, Robert Caussat, Angèle Del Rio, 18 ans, décident de faire un coup d’éclat pour protester et montent discrètement un stratagème très ingénieux. Ils élaborent des machines à projeter des tracts, avec un système à retardement, sorte de « tapettes » géantes au système inversé. Jean Bertrand, l’un des auteurs de ce stratagème, avait reproduit un système à retardement qu’il avait vu dans un film russe avant-guerre (Professeur Mamlock) : le déclenchement des tapettes était commandé par le poids de l’eau qui tombait goutte à goutte d’un récipient percé. De petits tracts artisanaux furent ainsi projetés dans les airs depuis les toits de deux immeubles rue Alsace Lorraine et rue Duranti, laissant ainsi le temps aux jeunes de disparaître dans les rues.
Des centaines de petits tracts s’envolèrent au-dessus de la foule.

Tract supposé, mais contesté, qui fut diffusé ce jour là. Collection Daniel Latapie

Tract supposé, mais contesté, qui fut diffusé ce jour là.
Collection Daniel Latapie

Dépêche de Toulouse, 1er décembre 1940 Collection HIS CGT

Dépêche de Toulouse, 1er décembre 1940
Collection HIS CGT

Le Maréchal Pétain ne se rendit probablement compte de rien, les préoccupations des Toulousains étaient bien loin de ce qu’évoquait le tract, mais l’action produit néanmoins son effet sur les pouvoirs officiels.

Le préfet et la police menèrent toute une série d’investigations pour démasquer ceux qui avaient osé commettre cette action le jour précis où le maréchal honorait de sa présence la ville rose… 11 personnes furent arrêtées, parmi lesquelles la plupart des jeunes à l’origine de cette action.

Cet acte constitue la première manifestation de résistance à Toulouse, d’autant plus remarquable, qu’à cette époque, les communistes sont tenus de ne pas agir contre le régime de Vichy dans le cadre du pacte de non-agression germano-soviétique signé par Hitler et Staline en août 1939.

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