Ciné-débat: l’engagement dans la Résistance

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Projection du film documentaire de Jacques Capdecomme « La vie sera belle »
Dominique fils d’une modeste famille Corse arrive de Marseille pendant l’été 1940. Il sera arrêté par la Gestapo le 12 Août
1944, sept jours avant la libération de Toulouse, où il avait rejoint les rangs de la résistance. Soixante-dix ans après, la
rencontre, à Toulouse et dans sa région, avec quelques-uns des résistants qui survécurent à la barbarie nazie, donne toute
sa mesure au sacrifice de leurs frères de combat disparus. Parmi eux,Serge Ravanel, Damira Titonel, Roger Mazelier répondent sur les motivations de l’engagement.

Cette soirée sera suivie d’un débat animé par André Magne, secrétaire de l’amicale de la 35ème brigade FTP-MOI et Jacques Capdecomme, réalisateur du film.

 

Première manifestation de Résistance à Toulouse

Résistance Toulouse
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5 novembre 1940

L’une des premières actions spectaculaires de résistance fut mise au point par des jeunes gens, membres des jeunesses communistes ou sympathisants. L’opération, très ingénieuse, visait à gâcher la première sortie officielle du maréchal Pétain.

 

Archives Institut d'Histoire Sociale de la CGT

Archives Institut d’Histoire Sociale de la CGT

Le 5 novembre 1940, le maréchal Pétain fait sa première visite officielle en zone dite libre depuis l’Armistice et choisit le Sud-Ouest et Toulouse. Le Maréchal est accueilli en « grandes pompes » par les autorités et les personnalités religieuses et politiques de la ville. C’est un événement majeur, les Toulousains sont venus en masse acclamer le « vainqueur de Verdun ».

© Germaine Chaumel

© Germaine Chaumel

« On va gâcher la première visite officielle du maréchal. » Angèle, 18 ans

Un groupe de sept jeunes gens, membres ou sympathisants des Jeunesses communistes, composé d’André Delacourtie, Jean Bertand, Yves Bettini, Marcel Clouet, Robert Caussat, Angèle Del Rio, ainsi qu’Angèle Delacourtie (qui ne figure pas sur la plaque) décide de faire un coup d’éclat pour protester contre la venue de Pétain.

Le groupe monte discrètement un stratagème très ingénieux. Ils élaborent des machines à projeter des tracts, avec un système à retardement, sorte de « tapettes » géantes au système inversé. Jean Bertrand, l’un des auteurs de ce stratagème, avait reproduit un système à retardement qu’il avait vu dans un film russe avant-guerre (Professeur Mamlock) : le déclenchement des tapettes était commandé par le poids de l’eau qui tombait goutte à goutte d’un récipient percé.

Reproduction de la machine utilisée, Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne.

Reproduction de la machine utilisée, Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne.

De petits tracts artisanaux, consciencieusement fabriqués chez Yves Bettini, furent ainsi projetés dans les airs depuis les toits de deux immeubles rue Alsace Lorraine et rue Duranti, laissant ainsi le temps aux jeunes de disparaître dans les rues.
Des centaines de petits tracts s’envolèrent au-dessus de la foule.

Le Maréchal Pétain ne se rendit probablement compte de rien, les préoccupations des Toulousains étaient bien loin de ce qu’évoquait le tract, mais l’action produit néanmoins son effet sur les pouvoirs officiels.

Tract supposé, mais contesté, qui fut diffusé ce jour là. Collection Daniel Latapie

Tract supposé, mais contesté, qui fut diffusé ce jour-là.
Collection Daniel Latapie

 

 

 

Tract trouvé dans le dossier judiciaire d'Yves Bettini, tract saisi chez ses parents. Archives départementales de la Haute-Garonne

Tract trouvé dans le dossier judiciaire d’Yves Bettini, saisi chez ses parents. Archives départementales de la Haute-Garonne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une répression policière hors norme contre les militants communistes

Dépêche de Toulouse, 1er décembre 1940 Collection HIS CGT

Dépêche de Toulouse, 1er décembre 1940
Collection HIS CGT

Le préfet de région Léopold Cheneaux de Leyritz, furieux, donne l’ordre à la police d’organiser une répression sévère contre les militants communistes. Déjà bien identifiés depuis l’interdiction du parti communiste (décret du 26 septembre 1939), la police n’a pas eu beaucoup de difficultés pour identifier les responsables de cette action. Des centaines de procès-verbaux témoignent de la méticulosité de la police pour retrouver les communistes.

Des dizaines de personnes sont interrogées, leurs domiciles perquisitionnés. La famille Bettini et son entourage est la plus touchée. Yves Bettini est interpellé le 14 novembre 1940. Ses parents, Pierre et Maria Bettini sont arrêtés également, la machine et le matériel ayant servi à la fabrication des tracts ont été retrouvés chez eux. Onze personnes furent arrêtées, parmi lesquelles la plupart des jeunes à l’origine de cette action (André et Angèle Delacourtie ont pu échapper à l’arrestation)

 Tribunal militaire de Toulouse

Jugement du Tribunal militaire19 mars 1941, Archives départementales de la Haute-Garonne

Jugement du Tribunal militaire 19 mars 1941, Archives départementales de la Haute-Garonne

 

JUGEMENT TRIB MILITAIRE MARS 1941 (8)

Si la mention « République française » a été oubliée en tête du document, le titre de Président de la République est consciencieusement barré et remplacé par le « Maréchal de France, chef de l’État français ».

Interrogés et frappés par la police, les hommes arrêtés sont conduits à la prison Saint-Michel. Angèle Del Rio a été placée dans le quartier des femmes et partage sa cellule avec Battia Mittelman et son bébé de quelques mois.

L’affaire est jugée le 19 mars 1941 par le Tribunal militaire de Toulouse. Onze hommes et une femme, Angèle, comparaissent pour « infraction au décret du 26 septembre 1939 » (article 3 : Sont interdites la publication, la circulation, la distribution, la mise en vente, l’exposition aux regards du public et la détention en vue de la distribution, de l’offre, de la vente ou de l’exposition des écrits, périodiques ou non, des dessins et, d’une façon générale, de tout matériel de diffusion tendant à propager les mots d’ordre de la Troisième internationale ou des organismes qui s’y rattachent.)

Yves Bettini, 18 ans Archives départementales de la Haute-Garonne

Yves Bettini, 18 ans
Archives départementales de la Haute-Garonne

Yves Bettini est le plus lourdement condamné (2 ans de prison), les autres ont pu bénéficier de sursis. Angèle Del Rio est condamnée à 6 mois de prison avec sursis, Jean Bertrand, Robert Caussat, Marcel Clouet à 4 ans de prison avec sursis.

Angèle Del Rio, Maria et Pierre Bettini furent internés quelques jours après leur sortie de prison. Pierre mourra quelques mois plus tard des mauvaises conditions d’internement au camp du Récébédou. Yves Bettini fut incarcéré à la prison de Nîmes puis renvoyé vers l’Italie. Il parvient à s’évader du train pour rejoindre un maquis de l’Ain.

 

Marcel Clouet Bulletin municipal de Toulouce, 1944

Marcel Clouet
Bulletin municipal de Toulouce, 1944

Marcel Clouet, responsable des Jeunesses communistes, rejoint la résistance dans la région lyonnaise. Arrêté le 15 mai 1944 lors d’une  réunion clandestine à Caluire (Rhône). Emprisonné à Montluc, torturé, il est extrait de sa cellule le 16 juin 1944 et exécuté avec une trentaine d’autres détenus, dont l’historien Marc Bloch.

 

 

 


 

 

Texte: Elérika Leroy

Circuit « Haute-Garonne Résistante »

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Un circuit citoyen pour découvrir l’histoire de la Résistance haut-garonnaise dans les rues de Toulouse à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. 20 étapes dans Toulouse pour découvrir ou approfondir l’histoire du combat clandestin et citoyen.

Vendredi 14 septembre : départ à 17h du Monument aux morts, allées François Verdier

Samedi 15 et dimanche 16 septembre : rendez-vous à 16h, devant l’hôtel « Crown Plaza », 7 place du Capitole.

Inscription par mail : lescheminsdelarepublique@cd31.fr

https://www.haute-garonne.fr/les-chemins-de-la-republique…

Cérémonie en mémoire des fusillés du bois de la Reulle

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Histoire de la cérémonie en mémoire des 15 résistants du bois de la Reulle fusillés le 27 juin 1944.

Sur le site www.les-fusilles-du-bois-de-la-reulle.fr  :

L’histoire qui nous réunit ce jour débute en 1944. Le 27 juin, dans un bois de la banlieue toulousaine, le Bois de la Reulle, quinze résistants furent fusillés par les nazis de la triste division Das Reich.

Tous arrêtés depuis le début de l’année, ils y furent amenés depuis la prison Saint-Michel où ils connurent enfermements et tortures.

Ils auraient pu être seize victimes de la barbarie fasciste si l’un d’entre eux, Jaïme Soldevila, n’avait réussi à s’enfuir.

Exhumés après la Libération de Toulouse  en présence de la population, dix corps sont immédiatement reconnus par leurs familles ou proches et récupérés.

Les cinq autres sont inhumés dans un premier temps dans un cimetière de la métropole voisine.

En 1990, la municipalité de Castelmaurou les réunit dans un caveau dédié dans le cimetière communal.

Le temps passant inexorablement, ce drame a failli passer dans les affres de l’oubli. Mais, au début des années 2000, il sera à nouveau remis en mémoire par la constitution d’un Groupe de personnes de bonne volonté dont les seules motivations seront de faire connaître ce drame, de reconstituer l’histoire de chacun des dix résistants identifiés dès septembre 1944.

Ce premier engagement réussi, il se lancera un pari fou : effacer le mot inconnu pour chacun des cinq patriotes non identifiés et lui rendre plusieurs décennies plus tard son identité.

 

Un documentaire a été réalisé par France 3