Cérémonie du 2 février 2020

IMG_20200202_123327
Par défaut

la Résistance, au-delà des événements et des hommes et des femmes qui l’ont faite et qui l’ont parfois payé très cher, est porteuse de sens, d’un sens qui n’a rien perdu de son actualité.(…) On considérera peut-être que je sors là de mon rôle d’historien, mais on ne peut faire l’histoire de la Résistance, sans avoir une certaine idée de ce qu’est la République et de ce qu’est être citoyen dans notre République. 

Jean-Marie Guillon, historien de la Résistance

 

 

IMG_20200202_105801

IMG_7337

Transmission du drapeau du Mémorial François Verdier Forain – Libération sud à un élève du lycée Françoise

IMG_20200202_110612

 

Discours du Président du Mémorial, Alain Verdier

Germaine Tillon écrivait :« On ne prépare pas l’avenir sans éclaircir le passé »

80 ans après l’appel du Gal De Gaulle, 30 ans après la chute du mur de Berlin, L’Europe se divise, se replie sur ses frontières.

Dans une ambiance, de guerre économique, d’urgence écologique, de dérèglement climatique, de pollutions de séparation Brexit oblige.

En perte de repères, en perte de valeurs, de sens moral, d’engagement, de courage

Les acquis sociaux de la Résistance, sont remis en cause,

Le programme social du CNR méthodiquement détricoté… constituant, un recul historique qui tend à priver de son sens véritable le combat du peuple français pour sa libération.

Notre société voit ressurgir au quotidien la xénophobie, l’antisémitisme, le racisme, le terrorisme, l’ignorance et le mensonge.

J’ai honte quand j’entends, et que l’on me confirme que ; 25% des étudiants n’auraient jamais entendu parler de la Shoah…

L’individualisme, la frilosité, l’autocensure, l’indifférence de chacun, laissent la place à l’ignorance à la médiocrité, au négationnisme de l’histoire.

Remettent en cause toutes nos assurances idéologiques, nos valeurs de Liberté de justice, d’ égalité, de solidarité,

.La République est en danger. Quand la démocratie devient un mot vide de sens

Ici est un lieu de mémoire….

A l’emplacement de cette stèle,  le 27 janvier 1944  fut retrouvé le corps supplicié de « Forain ». François Verdier. Franc-Maçon, Membre de la Ligue des droits de l’homme, juge au tribunal de commerce de Toulouse, citoyen fortement engagé dans la vie républicaine,

Refusant de se laisser porter par les événements, animé d’un idéal de justice , de fortes convictions d’homme libre , courageux , il n’hésite pas dès le début des événements à s’engager,  en connaissance de cause , dans la lutte clandestine… Il entre en Résistance.

Depuis quatre ans, Hitler a  précipité, le monde dans la guerre,

Quatre années de dictature, de privations, de contraintes, d’injustices, de soumission à la haine fasciste.

Rassemblés autour d’un nom devenu symbole régional de la Résistance, Forain François Verdier  nous rendons ici hommage à chacune de ces femmes, à chacun de ces hommes, qui comme « Forain », au prix de terribles sacrifices, de souffrances, trop souvent au prix de leurs vies, avec courage se sont engagés dans un combat pour que nous puissions dans un monde juste, vivre libre.

Rendre hommage à la résistance. Ce n’est pas saluer des morts, fleurir des stèles, c’est garder en mémoire leurs enseignements, c’est ne pas oublier les exemples qu’ils nous ont donnés.

Au-delà des luttes stériles, des partis, des égoïsmes, des obstinations partisanes, corporatives la Résistance nous laisse son esprit, sa force morale et fraternelle.

Au volontariat que fut celui des résistants, doit succéder un nouveau volontariat au service des valeurs de la Résistance.

Pour que le monde nouveau qui se prépare,  conserve ces droits, ces valeurs morales de liberté de justice et de solidarité, Il nous faut agir pour les défendre.

Il  faut la participation de chacun à la conduite des affaires du pays, de notre région, de notre commune,

Agir,, Défendre la  Liberté , la démocratie, les droits de l’Homme.

c’est exercer notre droit de citoyen, notre premier devoir, utiliser notre bulletin de vote.

Soyons digne de cette mémoire.

Je vais  laisser la parole à Madame Arestier  proviseure du lycée Françoise de Tournefeuille et à ses élèves,

Bien sur, hommage à Marie Louise Dissard cette femme exceptionnelle qui dirigea le plus important réseau d’évasion de la région dont Elérika Leroy a retrouvé la trace dans un agenda  de  François Verdier associé à une adresse sur les chemins de la Liberté. Mais aussi pour les membres du Mémorial, une pensée pour un de nos membres,  ami disparu, François Dumas qui avait été précédemment   proviseur de ce lycée membre de la Ligue des Droits de l’Homme

ensuite nous entendrons l’allocution de. Monsieur Jean-Marie Guillon professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université d’Aix en Provence

Alain Verdier

IMG_7341


Participation du lycée Françoise Marie-Louise Dissard

Le Mémorial a souhaité rendre un hommage particulier à cette grande dame de la Résistance

Discours de Mme Arestier, proviseure du lycée Françoise

 

bsh

 

IMG_20200202_111518IMG_20200202_111709IMG_20200202_112346

 

Allocution de Jean-Marie Guillon, Historien de la Résistance,professeur émérite de l’université d’Aix Marseille

 

IMG_7345

 

Toulouse, Hommage François Verdier

Mesdames, Messieurs, Chers amis de la Résistance

Il va sans dire que je suis très honoré par l’invitation de l’Association du Mémorial François Verdier. Il n’est pas courant que l’on invite un historien dans une telle cérémonie. Je ne suis pas le premier historien que vous avez invité à s’exprimer à cette tribune. En 1988, Pierre Vidal-Naquet était intervenu ici le 31 janvier 1988 en ne cachant pas son embarras, mais reconnaissant qu’« il fallait bien qu’un jour ce moment arrive » où « l’histoire pour entretenir la mémoire (devait) suppléer la mémoire ». Déjà, il avait souligné que son invitation marquait un moment mémoriel important, celui où les acteurs passaient le relais à d’autres, qui n’avaient participé à leur combat, mais à qui ils confiaient son souvenir, en particulier aux historiens. Ce moment était en 1988 à son début. Il est en train de s’achever aujourd’hui.

Cette transmission n’était pas sans susciter les inquiétudes des résistants. Ils nourrissaient parfois une certaine méfiance à l’égard d’historiens qui, n’ayant pas connu les événements, risquaient à leurs yeux de les déformer, de ne pas les comprendre et d’oublier le prix du sang qu’ils avaient coûté. C’est ce qu’exprimait déjà pour eux Lucien Febvre, grand historien et grand témoin, en introduisant en 1954 un ouvrage (Les idées politiques et sociales de la Résistance) que cosignaient un ancien résistant, Henri Michel, l’inlassable animateur du Comité d’histoire de la 2e Guerre mondiale, et un ancien de la France libre, Boris Mirkine-Guetzévitch. Lucien Febvre se félicitait que l’histoire de la Résistance soit écrite par d’anciens résistants, il les enjoignait même à produire leur propre histoire avant qu’il ne soit trop tard, car « contresignée par des milliers de sacrifices » dont seuls, à ses yeux, ils pouvaient rendre compte. De ce fait, dans le monde de la recherche, l’histoire de la Résistance est restée à part et en marge.

J’appartiens à une génération d’historiens qui, soit étaient trop jeunes pour avoir pu participer aux événements, soit sont nés juste après la guerre, ce qui est mon cas. Nous avons été nourris par des récits de résistants, ayant bien souvent un proche qui en était, mais nous sommes situés sur le plan de l’histoire avant ne nous situer sur celui de la mémoire, quel que fut l’attachement que nous avions à l’égard de la Résistance. Lorsque nous avons commencé nos recherches, nous avons essayé d’imposer l’histoire de la Résistance dans l’univers de la science historique comme un histoire aussi rigoureuse que les autres, obéissant aux même méthodes, alors que trop souvent le monde académique se méfiait, à tort, d’une histoire à ses yeux trop « chaude », trop commémorative, trop « officielle », prenant trop peu de distance à l’égard des enjeux mémoriels. Mais nous nous sommes vite heurtés à un autre obstacle qui s’est présenté à partir des années 70, celui d’une vulgate qui relativisait la place de la Résistance, faisait de la France de Vichy l’alpha et l’omega de la période, négligeant la place des occupants, voulant à tout prix que la France ait été dans son ensemble veule, lâche, attentiste, à l’exception d’une infime minorité héroïque, puis voulant faire oublier ses turpitudes en se dédouanant à bon compte à la Libération en adhérant au récit flatteur que les résistants, le général De Gaulle en tête, auraient proposé. Cette interprétation, bien que fallacieuse, prévaut encore largement, en particulier dans les médias. De ce fait, les travaux que nous pouvions mener et qui attestaient d’une réalité assez différente, en tout cas bien plus complexe, ont trouvé peu d’échos. Nous étions en quelque sorte disqualifiés car, en allant à contre-courant de l’air du temps, nous étions considérés comme des tenants du « résistancialisme », entendu comme un légendaire, une fabrication a posteriori pour éviter de faire face aux compromissions d’une France dont il ne fallait surtout pas avoir l’air de dire qu’elle n’était pas si indigne que ce que l’on prétendait. C’est pour lutter contre ce qui nous paraissait un travestissement de la réalité qu’avec le regretté Pierre Laborie, nous avons tenté à travers, en particulier, une série de colloques, commencée à Toulouse en 1993, de contrebalancer ce courant, contestable sur le plan historique et délétère d’un point de vue civique. Le combat que nous menions était à la fois pour établir ce que nous concevions comme la vérité de la période, qui méritait mieux que ces raccourcis trompeurs, et pour pleinement instituer l’histoire de la Résistance dans le champ de la recherche universitaire. Nous pensions avec Pierre Laborie que c’était en fondant rigoureusement cette histoire dans la complexité du réel, dans la diversité du phénomène Résistance entendu comme un mouvement social exceptionnel dans l’histoire de notre pays, dans cette évolution qui avait conduit une poignée d’hommes et de femmes à être reconnue comme légitime par l’essentiel de la population et qui avait poussé un grande partie d’entre elle, peu à peu, à son niveau, à la rejoindre. En refusant le mythe héroïque et l’image d’Épinal, tout comme la disqualification ou, pour le moins, la sous-estimation de ce qu’avait été la Résistance, en dénonçant la légende noire entretenue depuis la Libération par les nostalgiques de Vichy, qui n’ont cessé de la contester en utilisant contre elle l’épuration, nous pensions que la restituer dans son épaisseur sociale était aussi le meilleur moyen d’assurer la pérennité de sa mémoire. Nous avions la conviction qu’en faisant de la bonne histoire, on servait mieux la transmission de ce qu’avait été la Résistance qu’en construisant des légendes. Il s’agissait aussi pour nous de remettre la Résistance à hauteur d’homme, qu’elle avait été aussi l’œuvre de femmes et d’hommes « ordinaires », et pas seulement de sortes de supermen ou de superwomen.

J’ai le sentiment que votre invitation rend hommage à travers ma personne, au travail collectif que nous avons mené. Elle manifeste votre compréhension du travail des historiens, bien que mémoire et histoire n’aient pas les mêmes priorités. Face aux injonctions mémorielles et pour mieux répondre aux reproches que leur faisaient leurs pairs d’une histoire soumise aux aléas du présent, les historiens du contemporain ont pu forcer le trait de leurs différences. Je pense bien entendu à ce qu’écrivait Pierre Nora en introduisant sa fameuse série des Lieux de mémoirel’histoire est la reconstruction toujours problématique et incomplète de ce qui n’est plus ; la mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel… La mémoire installe le souvenir dans le sacré, l’histoire l’en débusque, elle prosaïse toujours »). En effet, l’histoire ne commémore pas, elle ne trie pas dans le passé entre ce qui est mémorable et ce qui ne l’est pas, elle cherche à reconstituer les événements, les parcours, les engagements dans leur réalité, souvent complexe, parfois contradictoire, souvent riche. Elle a une fonction critique, démontant les idées reçues, les légendes trop roses comme les légendes trop noires. L’histoire ne se situe pas dans le culte d’un passé glorieux, elle essaie de comprendre ce passé, de le faire comprendre, de transmettre sa compréhension du passé ; l’historien ne dira pas qui est le bon résistant ou tel autre qui le serait moins, il ne distribue pas des titres de résistance, il n’est pas un juge comme le rappelait Marc Bloch dans l’ouvrage sur le métier d’historien (Apologie sur l’Histoire ou le métier d’historien) qu’il préparait alors qu’il résistait au sein du mouvement Franc Tireur, ouvrage qu’il ne verra pas imprimé puisqu’il fut fusillé le 16 juin 1944 aux alentours de Lyon. C’est pourquoi Pierre Laborie, toujours lui, a pu qualifier l’historien de « trouble-mémoire » et c’est pourquoi il est arrivé que notre travail soit mal compris. Je me suis amusé en lisant ce que Raymond Aubrac déclarait ici le 1er février 1998 (« Je souhaite qu’un jour, sans cacher les débats sérieux qui séparaient les divers groupes, les historiens montrent comment François Verdier et ses successeurs (…) ont pu faire combattre ensemble les communistes des FTP et les officiers de carrière de l’ORA et du groupe franc Pommiès pour libérer leur région et rétablir la République »). C’est ce qu’il ne cessait de nous dire lorsque nous le rencontrions. Nous accordions trop de place à ses yeux aux divergences qui parcouraient la Résistance et pas assez à l’unité de cette même Résistance. Ces divisions, qu’ils ne niaient pas, lui paraissaient secondaires par rapport à la construction de l’unité. Pourtant, les divisions de la Résistance sont une réalité et une réalité forte, souvent dérangeante car ces divisions, qui peuvent avoir leur justification lorsqu’il s’agit des orientations du combat clandestin, peuvent relever aussi du sectarisme, des querelles de pouvoir et de personnalités, du partage de territoires ; elles ne sont pas exemptes de mesquineries, parfois de médisances, de soupçons infondés. Mais apprécier à sa juste mesure le rôle d’un François Verdier si l’on fait l’impasse sur les dissensions qui ont conduit son prédécesseur, découragé, à quitter la région ? Comment apprécier l’action des rassembleurs dont il faisait partie en minimisant les obstacles qu’ils ont dû surmonter ? Comment mesurer la force qu’il leur a fallu pour ne pas céder au découragement si l’on minimise les conflits qu’il leur fallait régler au milieu du danger ? C’est ça aussi la réalité de la Résistance, et en rendre compte, c’est lui donner son épaisseur d’humanité dans ce qu’elle a de désespérant (et que l’on peut vérifier tous les jours) et dans ce qu’elle a de grandiose, c’est souligner l’importance de ceux qui sont parvenus à les surmonter, à les dépasser, à rassembler et aller de l’avant.

On le voit, l’historien n’est pas seulement déconstructeur de mémoire, il est aussi créateur de mémoire collective, et pas seulement de mémoire « savante ». En fait, à toutes les étapes, Histoire et mémoire s’interpénètrent, se répondent, se fertilisent, se stimulent, se nourrissent l’une de l’autre. Restituer l’histoire de la Résistance sans fard ne signifie pas que l’historien se situe « en dehors, ou au-dessus », ou qu’il soit, en quelque sorte, « neutre ». Après Raymond Aron, qui, étant à Londres en 1940, était bien placé pour en juger, le philosophe Paul Ricoeur a rappelé que l’historien, être social, se trouve nécessairement dans une position de « spectateur engagé »,, d’autant plus lorsque sa recherche porte sur des événements « aux limites », dont les enjeux restent du présent. Ce qui est le cas pour l’histoire de la Résistance, et davantage que pour tout autre, n’en déplaise à ceux qu’elle dérange. Cette histoire, nous savions avec Laborie en introduisant le colloque de Toulouse auquel participait aussi de grands témoins (Jean-Pierre Vernant, Ravanel, etc.) qu’elle n’était pas n’importe quelle histoire et nous avons écrit qu’elle n’était pas et ne devait pas devenir un objet froid, qu’elle n’était pas seulement du passé. Car la Résistance, au-delà des événements et des hommes et des femmes qui l’ont faite et qui l’ont parfois payé très cher, est porteuse de sens, d’un sens qui n’a rien perdu de son actualité. Elle a refondé l’identité républicaine de la France à la Libération, ce dont témoigne toujours le préambule de notre constitution, resté identique à celui de 1946. La crise d’identité nationale dont Laborie a été l’analyste et qui a fait le lit de la défaite et du régime de Vichy, c’est la Résistance, autour du général de Gaulle et du gouvernement où toutes les tendances du combat clandestin étaient représentées, qui l’a résolue dans la Libération et le rétablissement de la République. La Résistance, en France comme à Londres, n’a pas été pourtant toute entière républicaine d’emblée. Nombre de ses pionniers partageaient les ressentiments communs contre les « politiciens », le parlementarisme, les institutions qui auraient été responsables du désastre de 1940. La Résistance a été faite par des hommes et des femmes  divers, par leurs opinions, leurs origines, leur position sociale, leur caractère, leurs croyances. Ils n’étaient pas tous comme François Verdier imprégnés de culture républicaine. C’est l’une des évolutions les plus significatives qui soient que celle qui a conduit ces résistants à comprendre que la libération du pays ne pouvait se faire sans le rétablissement de la démocratie. Tout comme ils ont été transformés, la Résistance s’est transformée. C’est ce que nous avons appelé la « républicanisation » de la Résistance, actée en 1942 par la déclaration que le général de Gaulle fait parvenir aux mouvements clandestins. Et ce besoin de République n’a cessé de s’approfondir, de réclamer sa part de liberté, de moralité et de justice sociale au fur et à mesure que le combat prenait de l’ampleur. Réaction patriotique élémentaire d’abord contre la défaite, contre l’armistice, contre l’Occupant, puis, notamment ici en zone Sud, contre la Collaboration, la Résistance est devenue lutte de libération nationale dans toutes ses dimensions, politiques et sociales.

Je ne reviendrai pas sur le parcours de François Verdier que vous connaissez, dont j’ai mesuré l’intérêt et la grandeur grâce au beau travail d’Élérika Leroy. Son engagement m’inspire cependant quelques réflexions qui valent pour la Résistance, mais pas seulement. Trois caractéristiques me semblent devoir être soulignées.

La première, c’est la continuité des engagements de l’avant-guerre à la Résistance. Franc maçonnerie, Ligue des Droits de l’homme, fermeté des convictions républicaines, patriotisme, l’engagement résistant paraît chez lui couler de source, or il n’en est rien. J’en veux pour preuve que tant d’autres appartenant au même milieu reniaient au même moment leurs convictions ou se mettaient en retrait, pour des raisons diverses dont l’influence du pacifisme n’était pas la moindre ;

La deuxième, c’est son appartenance à la maçonnerie. Nous, historiens, avons négligé dans nos travaux l’importance des maçons (pas de la maçonnerie qui fut tout aussi troublée par les événements que le reste de la société) dans la naissance et l’implantation de la Résistance. La raison tient, pour une large part à la discrétion dont les maçons résistants ont fait preuve après la Libération et, sans doute, chez eux comme chez nous, au souci de ne pas alimenter le mythe du « complot maçonnique » ;

Le troisième trait que je souhaiterais souligner, c’est l’appartenance de François Verdier à la classe moyenne, ces professions intermédiaires – professions indépendantes, cadres de la Fonction publique – qui font le lien entre le peuple et les pouvoirs, entre le local et le national, entre le « bas » et le « haut », qui ont joué un rôle fondamental dans la Résistance, dont elles ont été le plus souvent à l’initiative, dont elles ont assuré l’encadrement. Toute la sociologie de la Résistance toulousaine, comme ailleurs en France, en particulier dans les mouvements non communistes, en témoigne. Cette catégorie a joué dans la Résistance le rôle qu’elle a joué dans l’implantation de l’idée républicaine dans le peuple, dans « l’apprentissage de la République » pour reprendre la belle formule de  Maurice Agulhon, l’historien qui avait montré dans ses études sur le Var comment la République était allée « au village ». Toute l’histoire de la République est l’illustration de ce rôle charnière fondamental car, contrairement à ce que prétendent les populismes (dont l’autre nom est la démagogie), le peuple n’a pas la science infuse, il n’y a pas de peuple citoyen s’il n’est informé, éduqué, encadré, éclairé. Sans cela, il n’y a pas de peuple, mais une masse d’individus soumis à leurs impulsions, aux croyances, aux rumeurs, aux manipulations.

On a déjà fait le rapprochement entre François Verdier et Jean  Moulin. Le rapprochement ne s’impose pas seulement parce qu’ils partagent le même souci de l’unité, la même volonté de rassembler ou parce qu’ils ont fait preuve du même courage devant leurs bourreaux, ils sont issus du même milieu, ils sortent du même moule républicain. Jean Moulin est fidèle à la lignée républicaine provençale à laquelle il appartient. Il est marqué par la figure paternelle, militant et élu radical socialiste, franc maçon, fondateur à Béziers de la Ligue des Droits de l’homme. Jean Moulin est antifasciste, il s’engage en faveur de l’Espagne républicaine. Il est comme François Verdier patriote et donc l’adversaire du nationalisme, qu’il soit français ou espagnol ou qu’il serve, en Allemagne et en Italie, de terreau  au fascisme et au nazisme. Car le patriotisme n’est pas le nationalisme qui sépare, oppose, divise les hommes et les peuples. Le patriotisme français ne dissocie pas la Patrie de la République, le territoire, la Nation et les principes qui en sont le fondement. Le patriotisme en France rassemble par delà les origines, il n’entend pas épurer le corps social. C’est, entre autres, ce qui fondamentalement différencie la Résistance et le régime de Vichy, mais aussi ce qui différencie les républicains et les autres.

On considèrera peut-être que je sors là de mon rôle d’historien, mais on ne peut faire l’histoire de la Résistance, sans avoir une certaine idée de ce qu’est la République et de ce qu’est être citoyen dans notre République.

Jean-Marie Guillon

Professeur des universités émérite, Université d’Aix-Marseille

20200202_122338

 

 

Mémoire: Cérémonie 2018

P1140578
Par défaut

De Forain et de l’armée des ombres, au milieu de mille enseignements, il en est un qui émerge comme un phare: le courage. Il n’est pas le seul, mais son feu semble ne jamais s’estomper.

Arrêtons-nous un instant sur cet objet étrange, le courage, dont Aristote disait qu’il est la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres.

Pascal Nakache

P1140563P1140664

La 73ème cérémonie en forêt de Bouconne a eu lieu dimanche 28 janvier 2018 devant le Mémorial dédié à François Verdier.

Les élèves du collège François Verdier de Lézat-sur-Lèze, ville natale de François Verdier en Ariège, ont fait résonner les paroles d’une chanson écrite pour le chef des Mouvements unis de Résistance. Violon, accordéon, flûte, guitare, batterie et piano ont rompu le silence de la forêt sur les airs de Bella Ciao et du Temps des Cerises. Très émouvant.

Le discours de ¨Pascal Nakache, représentant la Ligue des droits de l’homme, a fait retentir avec force et conviction des mots justes, percutants et essentiels autour d’une seule notion, capitale hier comme aujourd’hui: le courage.

P1140643

 

La cérémonie en vidéo:

Intervention d’Alain Verdier : https://youtu.be/gB2ko_dMgMs

Intervention du collège de Lézat: https://youtu.be/xz8sY_PA-3M

Intervention de Pascal Nakache: https://youtu.be/C-FPC9aKdeE

Reportage de France 3: https://youtu.be/FmfGSSsc158

 


 

 

Chanson écrite par les élèves du Collège François Verdier de Lézat-sur-Lèze

 

P1140655Mes chers enfants,

Mes bien-aimés,

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Mes chers enfants,Mes bien-aimés,

Je ne vous reverrai jamais.

J’ai longtemps lutté

Pour la liberté

Ma belle ciao, ma belle ciao,P1140576

Ma belle ciao ciao ciao

J’ai longtemps lutté

Pour la liberté

Pour la justice et la fraternité

 

P1140587Mon identité

Je leur avais cachée

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Mon identité

Je leur avais cachée

La résistance j’ai organisée

 

Un jour ils sont entrés

Dans notre foyerP1140599

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Un jour ils sont entrés

Dans notre foyer

Et c’est là qu’ils m’ont arrêté

 

P1140601Ils m’ont torturé

Ils m’ont assassiné

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Ils m’ont torturé

Ils m’ont assassiné

Car je refusais de parler

 

P1140602Ils m’ont traîné

Dans cette forêt

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Ils m’ont traîné

Dans cette forêt

Mon image ils ont dégradée

P1140608Ils ont tenté

De m’effacer

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Ils ont tenté

De m’effacer

De mon visage ils m’ont privé

 

P1140621Histoire remémorée

Visage restitué

Ma belle ciao, ma belle ciao,

Ma belle ciao ciao ciao

Histoire remémorée

Visage restitué

Dans vos mémoires vous me garderezP1140678

P1140673

 


Courage


Discours de Pascal Nakache, Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme

 

A Forain François Verdier

Dimanche 28 janvier 2018, Forêt de Bouconne

 

Les feuilles craquent-elles sous ses pas, dans le froid matin de janvier ? Marche-t-il encore, ou bien est-il porté ? Entend-il encore quelque chose des feuilles brisées ou du pas lourd des bottes ? Peut-il encore parler ? Peut-il encore murmurer ou hurler : « Je vais tout vous dire ! », et, face au néant qui s’avance, tremblant de tout son corps, lâcher des noms et en envoyer d’autres à la mort ?

De Forain et de l’armée des ombres, au milieu de mille enseignements, il en est un qui émerge comme un phare : le courage. Il n’est pas le seul, mais son feu semble ne jamais s’estomper.

Lequel, parmi nous, ne s’est jamais posé cette question : qu’aurais-je fait ? S’ils étaient venus me cueillir, un sale matin, avec leurs sales gueules, s’ils m’avaient donné des ordres secs, s’ils m’avaient poussé jusqu’à leur berline à la pointe glacée de leurs armes, s’ils m’avaient jeté au fond d’une geôle putride, s’ils étaient venus m’y chercher, froids comme la mort, s’ils m’avaient attaché, ligoté, torturé jusqu’à la moelle, qu’aurais-je fait, que ferais-je ? Ces questions, nous le savons, n’appellent qu’une seule réponse : je l’ignore. Je ne peux le savoir. Je ne le saurai jamais. Et j’espère bien ne jamais le savoir. Parce que je ne pourrais le savoir que le jour où ils viendraient vraiment me cueillir.

Mais, puisque nous devons à Forain et à ses sœurs et ses frères en courage d’être là, puisque nous leur devons d’être libres, tentons un instant de nous arrêter et, s’il est impossible de savoir ce que nous ferions, tentons de dire au moins ce que nous voudrions avoir la force de faire, si jamais, par malheur…

Tous ceux qui viennent en forêt de Bouconne, par ces dimanches de janvier, savent ce qu’ils voudraient pouvoir faire. Ils voudraient faire comme ces héros, comme on les appelle, tant reste béante notre incompréhension, quand eux, lorsqu’ils peuvent parler, ne cessent de dire qu’ils ne sont pas des héros, qu’ils ne sont que des hommes ordinaires, qu’ils n’ont fait que leur devoir, qu’ils ne sont pas posé de question, bien souvent.

Et puisque nous voudrions avoir leur force et leur courage, arrêtons-nous un instant sur cet objet étrange, le courage, dont Aristote disait qu’il est la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres. Scrutons, l’espace d’un moment, cet objet mystérieux qui nous laisse désemparés.

Le courage des derniers instants est incompréhensible, inaccessible, inconcevable. Comment peut-on, dans les pires souffrances, lorsque l’on n’est plus qu’une plaie à vif, lorsque se pointe le canon des armes, lorsque l’on sent le souffle glacé de la mort, demeurer guidé par le sens de l’honneur, la fidélité, l’humanité ? Bienheureux ceux qui n’auront jamais la réponse à ces questions, et qui pourront se contenter d’y songer quelques dimanches de janvier, en forêt de Bouconne. Mais cet étincelant courage des derniers instants, dont le feu nous aveugle encore 74 ans plus tard, ne surgit pas du néant. Il ne naît pas dans les geôles, sous la torture. Sa naissance précède ces moments. Le courage a une vie. Cette vie du courage a seulement cela d’étrange qu’elle semble ne finir jamais, et qu’au moment même où l’homme meurt, le courage, lui, est à l’apogée de sa vie, il brille de mille feux qui plus jamais ne s’éteindront.

Mais avant qu’il ne brille ainsi, avec la mort de l’homme, le courage naît et grandit. Quand naît-il, je l’ignore. Peut-être chaque homme naît-il avec sa provision de courage, sans doute ce panier se remplit-il plus ou moins en fonction des circonstances de la vie. Nous sommes inégaux, là aussi, face à la distribution du courage. Mais une chose est certaine, c’est que le courage se travaille. Et qu’un lâche qui s’arrache à lui-même éprouvera bien mieux son courage qu’un courageux content de lui, de son sort, et que rien ne révolte. « Le courage, dit Malraux, est une chose qui s’organise, qui vit et qui meurt, qu’il faut entretenir comme les fusils ».

Le courage des résistants commence de prendre corps le jour où, par leurs actes, ils disent non. Il persiste seulement, il grandit, plus tard, lorsque, face au danger naissant, ils entrent en effet en résistance, lorsque des femmes et des hommes surmontent leur peur et demeurent pleinement fidèles aux valeurs humanistes, lors même qu’ils savent ce qu’il peut leur en coûter. Car, « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. » (Nelson Mandela). Là où il n’y a pas de peur, il n’y a pas de courage, tout juste de la témérité, de l’inconscience ou de la folie. Ce n’est pas la témérité, le courage, ce n’est pas l’audace, l’intrépidité ou l’insouciance. C’est d’abord et avant tout l’âme forte et la tête froide de celui qui, ayant tout bien pesé et surmontant sa peur, décide d’affronter le danger.

Pourtant, c’est encore en amont de ce moment que le courage des résistants prend corps, bien avant l’affrontement héroïque du danger. Lorsque, entendant monter le sourd grognement de la haine, lorsque voyant s’amonceler au loin les noirs nuages annonciateurs des tyrannies, des femmes et des hommes commencent à dessiner le mur du refus. Car celle qui proclame son attachement à l’homme, lorsqu’elle sait qu’elle y risque sa vie, celui qui soudain semble mettre sa vie en bascule, lorsque paraît la bête immonde, ceux-là n’étaient que rarement vierges de tout combat, de toute résistance antérieure. Ils avaient, pour ainsi dire, la résistance chevillée au corps, même en temps de paix, même avant le bruit des bottes. Le courage n’est pas un surgissement impromptu, qui claquerait comme un coup de tonnerre dans un ciel lumineux.

Le courage n’est pas venu à Forain en 1943 ou 1944, ni même après le déclenchement de la guerre. Le courage l’habitait bien avant cela, lorsque, face à la montée de la haine, de la xénophobie, de l’antisémitisme, il a décidé, non de cultiver son humanisme dans la calme lecture des grands auteurs, mais de s’engager dans la vie de la cité : en franc-maçonnerie, en 1934, puis à la Ligue des droits de l’homme, en 1938. Lorsqu’il a considéré que certaines valeurs, et en tout premier lieu la défense de l’homme et de la République, méritaient que l’on s’y investisse, lorsqu’il a accepté de sacrifier la vie confortable du bourgeois qu’il était, pour devenir l’humaniste qu’il fut.

Souvent, les futures résistances se sont ainsi affermies dans des réunions de sections, de partis, d’associations, de syndicats, dans des débats passionnés, dans des discussions enflammées et tardives, dans le combat démocratique. C’est là que commence de se forger le courage, c’est là que se décide le chemin qui mène à la dignité.

Il faut pour cela, d’abord, accepter de penser. Car le courage qui sert l’humanité trouve sa source première dans une réflexion mûrie de longue date, fondée sur une certaine conception de la dignité humaine, et dans la conviction que celle-ci mérite que l’on se batte, que l’on s’engage, que l’on s’investisse, que l’on essaie de convaincre les hommes, que l’on combatte en toutes circonstances les atteintes portées à cette dignité.

Il faut aussi s’arracher au confort et à la tentation de faire comme les autres. Le conformisme, voilà l’ennemi. La peur de déplaire, voilà l’adversaire. La résistance des temps présents naît d’abord de la force de dire non. De dire non à la pente naturelle qui peut parfois nous pousser à accepter d’abord de petites choses inacceptables, puis de plus grandes, toujours plus grandes… La société porte naturellement à abdiquer certaines exigences. « La virilité se perd en révérences, dit Shakespeare, le courage en civilités, et les hommes ne sont plus que des parleurs. » Il faut un courage premier, et peut être le plus difficile à conquérir, à se détacher alors un peu de la masse, à faire un pas de côté, à dire non. « Il y a toujours moins de courage à emboîter le pas qu’à se détacher d’un ensemble. », écrit André Gide.

Il faut travailler, ensuite. « Le vrai courage, c’est celui de trois heures du matin », dit Napoléon Bonaparte.

Et il faut s’engager, sans doute, comme le fit Forain. Que l’on se soit enraciné dans ce combat dans les temps calmes de la paix, identifié à lui comme à quelque-chose qui nous dépasse, qu’il ait donné sens à notre vie, voilà sans doute ce qui prépare – sans jamais le promettre – au courage des temps de guerre.

N’imagine point que tu seras courageux entre les mains du bourreau, si tu n’as point éprouvé le courage, lorsque la vie te souriait. Et ne crois pas que tu prendras le maquis, demain, si aucun des égarements des temps démocratiques ne suscite chez toi la colère, la révolte, et ne te pousse à penser le monde, à te lever et à dire non. La résistance, toujours, se conjugue au présent.

Cet engagement ne se saurait confondre avec les révoltes de façade, les postures faciles, les proclamations sans conséquence. Il faut certes parfois oublier l’esprit de finesse de la politique, si nécessaire parfois, mais parfois si dangereux, lorsque les compromis se font compromission, lorsque les savantes habiletés finissent par avoir raison de l’essentiel, lorsque l’intérêt personnel finit par ensevelir l’intérêt général. Mais s’il est des questions qui ont le tranchant du oui et du non, il est difficile, parfois, de discerner l’acceptable de l’inacceptable. Le courage est de ne pas se dérober à cette épreuve jamais achevée, de toujours chercher, à la lumière de sa conscience, à discerner le bien du mal, « sans être moral et pédant ».

C’est d’accepter les compromis qu’impose la vie en société, sans jamais choir dans la compromission : « La compromission c’est la lâcheté. Le compromis, c’est le courage. », rappelle Adam Michnik. C’est peut-être dans ce difficile équilibre que réside le premier des courages, dans cette volonté jamais prise en défaut de tenir en même temps la colère sacrée contre l’injustice et le refus d’abandonner à d’autres le réel. Celui qui mourut ici, le 27 janvier 1944, rendit sans doute le plus fier service qui se puisse imaginer à la résistance, en composant pendant des mois avec toutes celles et tous ceux qui partageaient ce combat, pour les unir, pour rassembler ce qui était épars et bâtir ce mur de la liberté, en prenant la tête des Mouvements Unis de la Résistance, en juin 1943.

Forain a pensé, il s’est arraché à la masse qui suivait la voix chevrotante d’un vieillard, il a travaillé, d’arrache-pied, il s’est engagé, il a tout engagé, pour la liberté. Le reste a suivi, naturellement, simplement, héroïquement, jusqu’au fracas qui résonna ici et fit pleurer ces arbres, le 27 janvier 1944.

Arrivé au terme de cette brève exploration du pays du courage, le voyageur demeure comme frustré. Les mots sont impuissants à dire la force qui animait Forain et ses frères et sœurs en courage. Les discours ne sont que de pompeuses et prétentieuses gloses, au regard des actes humbles et simples des résistants. Étranges héros, qui, à mesure que nous tentons de les cerner, de les comprendre, pour essayer en toute humilité de rechercher le chemin sur lequel ils ont mis leurs pas, semblent se dérober, s’élever, s’envoler, enveloppés de légende et de gloire.

Alors, puisque les mots sont dérisoires, nous nous contentons, en venant ici, en forêt de Bouconne, par ces froids dimanches de janvier, d’acquitter simplement un peu de notre dette à ton endroit, Forain.

Avant que de nous en aller, nous restons là, un instant, pour dire que nous n’oublions rien de toi et des tiens. Les crapules, les salauds, les lâches, nous les rétribuons de la médaille de l’oubli. Aucune stèle, aucun monument, aucun hommage. Ils demeurent froids et laids, reclus, aux oubliettes, pour l’éternité.

Mais toi, Forain, dont le courage brille à jamais, et nous laisse immobiles et sans voix, nous ne t’oublions pas, tu restes en nous, tu nous éclaires.

Allez, enfant, écoute Virgile : « Déploie ton jeune courage, enfant ; c’est ainsi qu’on s’élève jusqu’aux astres. »

P1140630

Pascal Nakache

 

 

 

Historique de la cérémonie