Le piège de la Gestapo contre la Résistance régionale : l’opération de minuit

gestapo toulouse
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Dans la soirée du lundi 13 décembre 1943, la plus grande opération de répression est déclenchée contre la Résistance toulousaine et régionale. De Toulouse à Foix, de Mirande à Caussade, la Gestapo arrête tous ceux qui travaillent pour les Mouvements Unis de Résistance.

C’est un coup de filet préparé depuis des semaines par la police allemande qui bien renseignée, grâce à des agents infiltrés et la trahison de quelques-uns, parvient à faire tomber tout l’état-major de la Résistance.

François Verdier le chef régional des MUR est arrêté chez lui vers 22 heures, immédiatement conduit rue Maignac, au siège de la Gestapo.

Simultanément dans Toulouse, ses adjoints aux MUR, Achille Teste, Jean Germain Petit sont arrêtés. Des unités SS, Stosstruppen et Feldgendarmes venues renforcer la Gestapo et ses auxiliaires français, perquisitionnent les maisons des familles Curvale, Laigneau, Espitalier, Bartoli…Quand les hommes ont pu s’enfuir à temps, les Allemands arrêtent leurs épouses, les enfants se retrouvant seuls.

Arrestations dans toute la région

Resistance ariege

Irénée Cros, chef de la résistance en Ariège

Dans la nuit, dans la préfecture de l’Ariège, c’est le chef département des MUR, Irénée Cros dit « Calmette » qui est surpris chez lui par la police allemande. Il a tout juste le temps de brûler les papiers compromettants avant d’être abattu d’une balle dans la nuque par des Allemands, furieux. D’autres arrestations de résistants ont lieu le lendemain au lycée de Foix.

Dans le Comminges, le responsable des évasions pour les MUR, Gabriel Gesse dit « Blanchard » est arrêté après avoir tenté de s’enfuir. Blessé, il parvient à s’évader de l’hopital de Saint-Gaudens où il a été conduit, grâce à un commando de l’Armée Secrète. Son frère est pris par les Allemands, torturé et assassiné.

A Caussade dans le Tarn et Garonne, ce sont Jeanne et Pierre Cabarroques, le docteur Olive et Jacques Ancelet de l’AS qui sont arrêtés et conduits à la prison Saint-Michel.

Du coté de Mirande, les Allemands surprennent pendant la nuit un camp de résistants, formé de réfractaires au STO et de militaires. Ce maquis de l’ORA, dirigé par un officier du Corps franc Pommiès était installé au château de Cours à Ponsampère et camouflé dans un chantier forestier. la Gestapo parvient à capturer seize jeunes maquisards et deux sous-officiers. Les Allemands les conduisent à la prison Saint-Michel. Tous furent déportés, huit d’entre eux meurent en déportation.

110 personnes interpellées

Près de 110 persqonnes sont ainsi arrêtées dans la nuit du 13 au 14 décembre 1943. La majorité fut déportée à Buchenwald, Dora, Ravensbrück en janvier 1944. Cette nuit ébranle l’édifice construit par François Verdier et ses adjoints. Un vent mauvais, glacial, semant la mort, soufle sur la résistance en cette fin d’année 1943. Cette opération de minuit est le premier des coups terribles porté à la Résistance régionale.