La cérémonie en forêt de Bouconne

Cérémonie 1946
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Depuis plus de 70 ans, une cérémonie est organisée le 27 janvier ou le dimanche qui suit autour du Mémorial. Cet hommage à François Verdier se tient sur les lieux mêmes de son assassinat par la Gestapo.

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Historique du Mémorial

Quelques mois après la Libération de Toulouse, le 19 août 1944, les amis de François Verdier se rassemblent pour honorer la mémoire de celui qu’on avait eu tendance à oublier dans l’effervescence de la liberté retrouvée.

Déjà, un premier acte symbolique, sous l’impulsion de ses amis réunis dans un café célèbre de la place du Capitole, fut de débaptiser les allées du Maréchal Pétain. C’est ainsi que les belles allées, du monument aux morts au Grand Rond, furent appelées allées Forain-François-Verdier. Mais, ses amis avaient évidemment conscience que ce seul geste ne pouvait être suffisant pour sauvegarder la mémoire de l’homme qu’il était.

Les amis de François Verdier

Aussi, fut créée en novembre 1944, une association nommée « Les Amis de Forain François Verdier ». Ce sont les plus proches amis qui se retrouvent au bureau de cette association : Jacques Aribaut, Pierre Dumas, Ricardo Hernández Alvariño, Claudius Dupont, Albert Couronne, Louis Monzels, Jean Delpech, Pierre Degon « Monsieur Bouconne » (qui comme beaucoup de résistants à l’époque conserve son pseudonyme de guerre). L’association est présidée par Louis Mercadier, l’homme de confiance de François Verdier. Statuts 1945 amis FV

Dans ses statuts, l’association déclare avoir pour but « de grouper sans aucune distinction d’opinion, les Amis de François Verdier, Chef Régional du Mouvement de Libération Nationale, Héros et Martyr de la Résistance assassiné par les Allemands, d’assurer Aide et Protection à sa famille ; de perpétuer la mémoire, de défendre et propager ses idées de Patriotisme, de Liberté, de Justice, de Fraternité, d’Indépendance et de grandeur de la France, qu’il a servies. »

Les membres de l’association prennent l’engagement de se réunir une fois par an, en novembre, afin de préparer un hommage annuel à François Verdier. Lors de la première assemblée générale en janvier 1945, s’ajoutent d’autres membres au bureau: Noël Babit, Robert Landry, ainsi que Roger Bataille (en solidarité, car il ne rentrera de déportation qu’en avril 1945.)

Premières cérémonies en forêt de Bouconne

Dès novembre, l’association avait entrepris les démarches pour qu’une stèle soit installée en forêt de Bouconne, à l’endroit précis où le corps de François Verdier avait été retrouvé. La première cérémonie est organisée le dimanche 4 février 1945. Stèle d'origine

Lors de cette cérémonie, en l’absence de Jeanne toujours prisonnière au camp de Ravensbrück, la foule était nombreuse. Mais comme le fit remarquer, avec colère, Antoine Avinin, membre du CNR, les personnalités officielles brillaient par leur absence. « Et pourtant sans Forain-Verdier, nous n’aurions pas de Commissaire de la République, nous n’aurions pas de Préfet républicain, nous n’aurions pas de maire républicain. (…) Il faut souhaiter que la forêt de Bouconne devienne, auprès de la stèle de Verdier, un des centres de rassemblements patriotiques. »

la foule en forêt, 1946

la foule en forêt, 1946

En 1946, la foule est encore importante en forêt. Jeanne Verdier y assiste pour la première fois.

cérémonie 1946

cérémonie 1946

La cérémonie se poursuit ainsi les années suivantes, sauf en 1948, où les circonstances ont empêchés son déroulement. La foule des anonymes a diminué. Finalement, seuls quelques amis forment une rangée devant la stèle de Forain, toujours en présence de Jeanne, Françoise et Jacques, ainsi, que derrière, Germain Dupuy, le régisseur du domaine de La Salle, présent à chaque hommage.

cérémonie 1949, seule photographie en présence de Jeanne Verdier

cérémonie 1949, seule photographie en présence de Jeanne Verdier

 

Statuts 1945 amis FV 014Puis, au cours des années 1950, le registre de l’association se remplit de moins en moins, les amis ayant quitté Toulouse, d’autres ayant la santé déclinante. Il faut dire que cette époque n’est pas favorable à la mémoire de la Résistance.

1961, construction du Mémorial

1961 juillet

Après quelques années, Louis-Marie Raymondis, président régional de l’association Libération-Sud veut raviver la mémoire de François Verdier qu’il considérait comme « le grand oublié » de l’histoire de la Résistance. Le jeune étudiant en droit qu’il était pendant la guerre avait été marqué par ce Verdier dont il entendait souvent parler. Louis-Marie Raymondis n’avait eu l’occasion de le rencontrer qu’une seule fois pendant l’Occupation. Mais le charisme de Verdier a raisonné de 1940 à ce 27 janvier 1944. Louis-Marie lui-même avait dû fuir Toulouse après l’opération de minuit. Et le fait que François Verdier ait été « oublié » du titre de Compagnon de la Libération, tout comme un autre grand résistant, Raymond Naves, suscitait sa colère. Aussi, il fallait, réparer cette injustice et concevoir un véritable mémorial pour surélever la stèle initiale, posée sur un socle fin et ensevelie sous les haies.

1961: inauguration du Mémorial en forêt de Bouconne

1961: inauguration du Mémorial en forêt de Bouconne

Louis-Marie Raymondis réunit les fonds nécessaires, regroupe autour de lui les derniers amis et lance un projet d’aménagement de la stèle et de son élévation en mémorial. Déterminé, il gère tout le projet en sollicitant l’appui des collectivités locales et de l’État. A l’été 1961, le mémorial est terminé. La stèle a été déplacée dans la clairière, une plaque commémorative a été ajoutée pour Jeanne, décédée l’année précédente. Une autre est dédiée « à ses camarades, fusillés, déportés, massacrés »

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Louis-Marie Raymondis a totalement réorganisé la cérémonie, et le mémorial est inauguré le 12 novembre 1961. Les personnalités officielles ont cette fois ci été conviées. Toutes les associations d’anciens combattants, de la Résistance, de la Déportation sont présentes. Les Porte-drapeaux entourent le mémorial. Les représentants du Comité départemental de la Résistance (CDR) sont eux aussi présents. 

Cette nouvelle organisation instituée, le but est désormais d’assurer la pérennité de la cérémonie, en s’appuyant, toujours, sur un noyau de quelques personnes. Il ne fallait pas se disperser pour assurer la préservation de cet hommage particulier à François Verdier. Cette intimité demeure la préoccupation majeure de l’association. Lors de l’assemblée générale de novembre 1961, Achille Teste* le dernier à avoir vu Forain vivant. insiste sur la nécessité d’un noyau restreint pour survivre.  « L’expérience nous a, en effet, trop souvent démontré que l’esprit politique est fatal à l’esprit de la Résistance et à son Unité. »

Au fond, les deux petits-fils de François Verdier, à gauche son fils Jacques et sa fille Françoise. à droite l'abbé Raymondis

Au fond, les deux petits-fils de François Verdier, à gauche son fils Jacques et sa fille Françoise. à droite l’abbé Raymondis

Raymondis, quelques soient ces activités professionnelles, revint chaque année pour s’assurer du bon déroulement de la cérémonie, choisir très soigneusement chaque orateur et veiller à ce que le public soit prévenu.

Aujourd’hui

Puis Louis-Marie Raymondis a vieilli, les résistants, les administrateurs, décédaient les uns après les autres (Marie-Thérèse Jacquier, Roger Momtpezat, Achille Teste…). Il fut décidé d’élargir l’association aux enfants des anciens membres. Ce fonctionnement interne a perduré.IMG_4049

En 1994, l’association est réorganisée et de nouveaux membres y investissent leur énergie. Le petit-fils de François Verdier, Alain, reprend le flambeau de Louis-Marie Raymondis. D’autres descendants de résistants se voient également chargés par leurs aînés de veiller à assurer la transmission de la mémoire de François Verdier, ainsi les fils d’Armand Ducap, André Méric, Joseph Pontier, etc. Dès lors, l’association développe le caractère pédagogique de la cérémonie, à l’initiative de Georges Méric, alors vice-président à l’enseignement et à l’éducation au sein du Conseil général de Haute-Garonne. Une première cérémonie est organisée avec le principal du collège Forain-François-Verdier, Gilles Nave et ses élèves de l’établissement de Léguevin. Depuis, chaque année, l’un des collèges du secteur prépare une action avec les professeurs qu’ils présentent le jour de l’hommage (des interprétations de textes, de chants, de pièces de théâtre…). Associées ainsi à la cérémonie, les plus jeunes générations confèrent, par leur travail, une émotion toute particulière à cet hommage. Ainsi, une année, les élèves entreprirent de faire résonner dans la forêt des chants en allemand. L’objectif de transmission de l’association s’accomplit ainsi chaque année grâce à l’enthousiasme des enseignants et des élèves. IMG_4382

Enfin, il faut signaler la présence des habitants de Lézat-sur-Lèze qui font également le déplacement en forêt de Bouconne, chaque dimanche 27 janvier ou celui qui suit.

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1945 – 2018 :

plus de 70 ans d’hommages à François Verdier

1945 Antoine Avinin, Louis Mercadier, Noël Babit, Jean-Gabriel Barlangue et Paul Marcouire

1946 M. Fabre, secrétaire de l’association des Déportés de la Résistance

1947 Louis Mercadier, Président de l’association des Amis de François Verdier

1950 Louis Mercadier, Président de l’association des Amis de François Verdier

1951 Robert Landry, Président du Tribunal de commerce

1959 Achille Teste, Résistant

1961 Louis-Marie Raymondis, Fondateur du Mémorial (12 novembre 1961)

1962 Grand Maitre adjoint du Grand Orient de France

1963 Roger Moris, peintre et ancien inspecteur de la Vème région militaire.

1964 Jacques Maziol, Ministre de la Construction et le Général Germain Jousse, Compagnon de la Libération.

1965 Louis-Marie Raymondis

1966 M. Maurel

1967 Léon Eeckhoutte, Président du Conseil général de Haute Garonne

1968 Jean Cassou, Commissaire de la République de la Région de Toulouse, Compagnon de la Libération.

1969 Gaston Vedel, Compagnon de la Libération

1970 Jacques Combatalade, résistant du Réseau Morhange et le Colonel Georges Gaudron

1971 Alexandre Stirn, Préfet de la région Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne

1973 Louis-Marie Raymondis

1974 Armand Ducap, Résistant de Libération-Sud

1976 Henri Noguères, Chef régional du mouvement Franc-Tireur, historien

1977 Jean-Pierre Lévy, Fondateur du mouvement Franc-Tireur, Compagnon de la Libération.

1978 Jean-Pierre Vernant, chef de l’Armée secrète et des FFI en Haute Garonne, Compagnon de la Libération.

1979 Jean-Pierre Bloch, Président International de la LICRA

1980 Claude Hettier de Boislambert, Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération

1981 Roger Leray, Grand Maitre du Grand Orient de France

1982 Henri Amouroux, Historien

1983 Alex Raymond, Président du Conseil régional Midi-Pyrénées

1984 Jean Gatel, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense

1985 Dominique Baudis, Maire de Toulouse

1986 Serge Fuster « Casamayor », Ecrivain et magistrat au procès de Nuremberg

1987 Christian Dablanc, Préfet de la région Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne

1988 Pierre Vidal-Naquet, historien

1989 Léon Eeckhoutte, Sénateur, président du Conseil général de Haute Garonne,

1990 Lionel Jospin, Ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports

1991 André Méric, Secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre

1992 Jean Fonvielle, Général

1993 Jean Mattéoli, Résistant déporté, Président de la Fédération nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR) et Président de la Fondation de la Résistance

1994 Marcel Nahmias, Résistant

1995 Georges Mailhos, Président de l’Université de Toulouse le Mirail* aujourd’hui Université Jean-Jaurès

1996 Pierre Izard, Président du Conseil général de Haute Garonne

1997 Paul Quilès, Député du Tarn

1998 Raymond Aubrac, Résistant, Commissaire de la République de la Région de Marseille

1999 Rolande Trempé, Résistante et historienne

2000 Martin Malvy, Président du Conseil régional Midi-Pyrénées

2001 Louis-Marie Raymondis

2002 Michel Roquejeoffre, Général d’Armée, membre du Haut Conseil de la Mémoire Combattante

2003 Nicole Belloubet-Frier, Rectrice de l’Académie de Toulouse

2004 Remi Pech, Président de l’Université Toulouse-le-Mirail* aujourd’hui Université Jean-Jaurès

2005 Robert Marcault, Déporté, rescapé du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau

2006 Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’Enseignement

2007 Edouard Raymondis, Petit-fils de Paule et André Raymondis, résistants

2008 Paul Arrighi, Historien

2009 Jean Rebout, Inspecteur d’Académie, fils de déporté

2010 Catherine Lemorton, Députée de Haute-Garonne

2011 Pierre Cohen, Maire de Toulouse

2012 Jean Rafenomanjato, Inspecteur d’Académie

2013 Elérika Leroy, historienne

2014 Kader Arif, Ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants

2015 Alain Mila, Professeur d’histoire

2016 Pascal Mailhos, Préfet de la Région Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon

2017 Georges Méric, Président du Conseil départemental de la Haute-Garonne

2018 Pascal Nakache, Président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, section de Toulouse