Journal carcéral de François Verdier

Collection Archives municipales de Toulouse
Par défaut

François Verdier est arrêté le soir du 13 décembre 1943 et immédiatement conduit au siège de la Gestapo. Il est transféré par la suite à la prison Saint-Michel. D’abord placé à l’isolement, il alterne les jours et les nuits dans des cellules avec d’autres prisonniers ou conduits pour interrogatoire à la Gestapo et dans les caves de cette sinistre villa.

 

Journal carcéral

Voici ici les mots retranscrits du journal carcéral de François Verdier du 6 au 26 janvier 1944, veille de son exécution.
Ce « journal carcéral » est composé de bouts de papier, dont une lettre adressée à son fils et son enveloppe qu’il avait pu garder dans sa poche. Puis le papier devenu bien précieux, François Verdier écrit sur du papier hygiénique et des feuilles de cigarette. Le jour où François Verdier a quitté sa cellule, il a dû soigneusement le ranger avec sa paillasse. Toujours est-il que ses derniers mots furent retrouvés dans le colis envoyés de la prison avec ses effets personnels. Odette Dupuy se souvient précisément du jour où le colis fut remis à son père à Saint-Orens.

Le crayon utilisé par François Verdier en prison, retrouvé dans le colis après sa mort.

Le crayon utilisé par François Verdier en prison, retrouvé dans le colis après sa mort.

François Verdier ne perd pas de vue le danger potentiel que représentant ses écrits. Souhaitant protéger sa famille, ses amis, la Résistance… ses courriers ne parlent que d’amour et traduisent le besoin de se raccrocher à la vie, de dire à quel point il aimait les siens et la vie même. Ces derniers mots sont ses derniers contacts avec la vie.
Ses courriers traduisent aussi sa profonde solitude face aux sévices et autres tortures qu’il endure. Par ses derniers mots, il dit à ses amis et à sa femme, qu’il a choisi de tout nier, jusqu’au bout.

 

Les mots de François Verdier

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

« Mes chéries,
Noël et le jour de l’an sont passés, augmentant encore le déchirement atroce d’une séparation aussi brutale, aussi féroce qu’inattendue.
Toi, ma Jeanne adorée, en prison. Toi, toute de bonté, de sourires, de finesse et d’esprit en prison ! Mais pourquoi cette injustice. Sur la foi de quelle odieuse calomnie. Et notre adorée petite, l’objet précieux de tous nos soins, notre raison d’être et de vivre. Seule et perdue, ignorant tout de la félonie et du machiavélisme des hommes et ne comprenant pas pourquoi son Papa et sa Maman ne sont pas près d’elle pour la choyer encore. Je pense ardemment à vous deux. J’y pense en pleurant à toutes les minutes de ces interminables journées de cellule. J’y pense en maudissant les êtres inconnus auxquels je dois cette honte et ces souffrances insensées.

Je n’ai jamais rien fait de mal, contre personne, tout occupé de nous et rien que de nous. Je suis cependant accusé de terrorisme.*souligné dans la lettre par François Verdier Oui, vous avez bien lu, de terrorisme. Moi, accusé de terrorisme. Tout mais pas cette odieuse chose qui consiste à abattre dans l’ombre. Tout mais pas ça n’est-ce pas ! Moi qui ne rêve que d’amour et qui ne vis que pour les miens. Je suis innocent je le jure, de l’infâme accusation. J’espère arriver à le prouver à mes juges qui hélas ne me connaissent pas.

Je suis accablé et j’ai peur de n’être pas compris. J’ai peur de ne pas vous revoir ou de ne pas nous revoir avant longtemps. Bientôt, ma Jeanne aimée, toi tu sortiras de prison. Reprends vite notre fille. Fuyez la ville et les méchants maudits. Vivez jalousement toutes deux et pensez à Papa qui, tout innocent, ne sait rien de ce qu’il va devenir. Et aimez sa mémoire s’il lui arrivait malheur. Il n’a vécu que pour vous et pour votre bonheur. La calomnie l’atteint. Mais pour vous qui le connaissez bien, sachez qu’il est innocent, qu’il est père et mari rempli de tendresse et rien que cela. Si je pouvais sortir, j’irais loin, très loin de ces mensonges, de ces dénonciations, mais je ne sais rien de ce qui m’attend. Je suis à toutes les minutes près de vous, avec vous. Je suis comme fou. Je vous aime et mon cœur est tout déchiré. Ah ! savoir d’où vient, de qui vient tout ce mal.
Ma Jeanne adorée, ma Mounette chérie, mon pauvre Jacques, personne au monde ne souffre comme moi.
Ma Jeanne, ma Mounette, je vous aime, je vous aime. Je suis innocent de tout. Je pense le faire admettre. Soyez heureuses autant qu’une situation aussi navrante puisse permettre de l’être. Je ne sais pas ce que sera pour moi demain. Mais quels affreux moments.
Si cette lettre vous parvient, sachez qu’elle est le meilleur, le plus tendre de moi.
Je vous aime, je vous aime, je vous aime
Papa
6 janvier
M. Couronne a des fonds de la Société, demandez en, il y avait je crois de grosses disponibilités au Crédit Lyonnais. Couronne est au courant de ces rentrées dont je lui avais dit de tout garder. »
7 janvier. Peut-être vais-je sans vous revoir, partir pour Fresnes, Compiègne ou l’Allemagne. Je ne suis qu’un peu plus navré. Je vous aime, tachez de savoir par la Croix rouge ou par (illisible) Je vous aime.
9 janvier. On recommence mon interrogatoire en s’acharnant à me considérer toujours comme un grand chef. Je pleure d’impuissance à faire entendre raison et de douleur. Le soleil brille cependant et il fait beau. J’ai affreusement mal à l’âme. Je vous aime.

 

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

12 janvier. Va-t-on me laisser vivre ? En attendant, je souffre au-delà de toute expression. Physiquement et moralement. L’accusation persiste, odieuse et fausse et le danger de mort. Si je meurs, sachez encore mes grands amours, mes prodigieuses amours, que vous étiez tout, tout et tout pour moi.
Maman élève notre fille. Mon Dieu que je vous ai aimées et que je vous aime. Pensez à moi aux jours de grands souvenirs. Soyez heureuses dans un monde calmé. Que Jacques devienne un homme. Mais vous, vous que j’ai idolâtrées, reprenez un peu de sérénité. Maman, Minnie, mes femmes je vous aime, je ne verrai que vous au grand moment. Je suis innocent.
Je vous aime. Vivez et souvenez-vous de Papa.
14 janvier. Toujours au secret. Je t’ai fait passer hier Maman un petit capuchon. Ma chère petite aimée. Notre Mounette. J’attends. Je vous aime. Je viens d’être interrogé !On me tient toujours pour dangereux. C’est terrible parce que je suis innocent. Il parait que ma femme est libre. Pour cela que je suis heureux. Mais pour tout le reste quels affreux, quels indescriptibles tourments. Vouloir faire avouer les choses les plus secrètes quand on n’est au courant, et par hasard que de l’accessoire. Maman s’il est vrai que tu sois libre, pense à toi, pense à notre Minnie. Vous avez encore, je crois quelques moyens. Utilisez les exclusivement à votre vie, à votre bonheur. Mes collaborateurs étaient sérieux et honnêtes. Ils continueront. Mais pour toutes les deux, gardez un minimum de garantie de vie normale. C’est atroce d’avoir à écrire cela d’un cachot. Mais c’est nécessaire. Je ne sais pas – pauvre innocent – le temps que j’ai à vivre. Je vous aime tant. Et je suis tellement malheureux. Si vous saviez !!

 

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

17 janvier : Le commissaire m’avait dit que tu serais libérée. Hélas, rien dans le linge propre que je viens de recevoir ne me permet de le croire. Rien de chez nous. Tu es donc encore en prison. Et notre fille ? Mon Dieu que je suis malheureux.
23 janvier : Toujours sous la menace, je vis au secret des jours insensés ! Votre précieux souvenir me tient lieu de tout. S’il m’arrivait un malheur – pardon Maman, pardon Minnie – confiez-vous à des amis surs ou à des gens éprouvés. Maître Mercadier vous aiderait. Je vous aime mes chères chéries. Maman, fais une vraie femme de Minnie. »

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

 

« 24 janvier. Je viens d’être interrogé une fois de plus. Ce serait parait-il la dernière avant d’être passé à d’autres mains. Physiquement j’ai peur, ayant l’expérience des systèmes. Peut-être sera ce pour un départ en Allemagne. Je ne sais rien. Je suis toujours au secret. Dans tous les cas – encore que sans aucune nouvelle- je suis plein de vous. Pour nos amis Aribaut, Mauré, Couronne, Mercadier, etc. Je vais peut-être partir pour longtemps, pour toujours. Je vous confie ma femme et ma fille. Aidez-les. Conseillez-les. Consolez-les. Le départ me sera moins affreux. Jacques a sa mère et d’ailleurs je lui donne aussi quelques conseils. Mes amis je compte sur vous. Fraternellement merci.
Jacques. Nous ne nous sommes pas toujours bien compris. Il est trop tard maintenant pour y revenir. Cependant sache que je t’aimais beaucoup. Je vais peut-être partir, sans retour. Je te demande demain, toujours dans la vie d’être un homme. Je te demande de toute mon affection d’être tendre et bon pour ta tante et pour ta sœur. Qu’aucune question, jamais ne vous sépare, ni ne vous affronte. Merci. Je vous aime.
Mon père, je t’embrasse de toute mon affection. Jeanne et les petits te feront une heureuse vieillesse. Si je ne le fais pas moi-même, c’est que je suis allé retrouver tôt ma mère chérie.
On m’accuse toujours d’être le chef d’une organisation terroriste. C’est faux, c’est faux et mon seul malheur est d’avoir laissé passer en ne le prenant pas au sérieux, une chose parait-il, bien importante. Mais j’affirme encore n’avoir jamais été chef de groupement ni de terroriste ni de communiste. Toutes mes craintes cependant viennent de là. Moi qui n’ai fait que vous aimer, vous aimer à en perdre la tête. »

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

 

25 janvier. J’apprends que tu es encore en prison. C’est horrible. Mais toi, au moins, mon amour adoré, tiens pour notre fille, pour ma Minnie. C’est à en devenir fou, surtout quand on est innocent.
26 janvier. Il y a des départs de plus en plus fréquents pour Fresnes, Compiègne ou l’Allemagne. Je risque de partir comme cela, pour aussi horrible que cela soit. Vous le saurez par le linge qu’on ne retiendra plus. Tâchez par tous les moyens de savoir où je suis. Faites toutes les démarches ou voyages. Merci mes amis. Je vous confie ma femme et ma fille. Je vous confie tout ce qui peut rester de nos biens. Gérez les au mieux des intérêts des miens. Il restait des fonds au coffre Lyonnais, je crois. Je les avais confiés à Albert. Usez-en pour faire marcher la maison. Mais par-dessus tout, ne laissez pas souffrir, je vous en conjure, ni ma femme, ni ma fille. Aribaut, Mercadier, d’autres encore, que j’oublie, vous y aideront.
Au revoir, peut-être Adieu.
Je vous embrasse et vous suis reconnaissant. »

Collection Archives municipales de Toulouse

Collection Archives municipales de Toulouse

Revue de presse du Mémorial

Sans titre
Par défaut

Revue de presse

2018

Cérémonie du dimanche 31 janvier  2018

article de la Dépêche du Midi du 1er février 2018

2017

Cérémonie du dimanche 29 janvier  2017

article de la Dépêche du Midi du 30 janvier 2017

2016

Cérémonie du dimanche 31 janvier  2016

 

2015

Cérémonie du dimanche 1er février 2015

2015

2015

2014

Cérémonie du dimanche 2 février 2014

Forêt de Bouconne. L’hommage du ministre Kader Arif et des jeunes à François Verdier

2011

Cérémonie du dimanche 30 janvier 2011

2011 collegiens-DDM

Articles de la Dépêche du Midi:

Colomiers. Hommage à Forain-François Verdier

Bouconne. L’hommage vibrant à Forain François Verdier

2010

Cérémonie du dimanche 28 janvier 2010. Articles DDM

Pibrac. Hommage au résistant Forain François Verdier

L’émotion des collégiens de Pibrac

2003

Cérémonie du dimanche 2 février 2003.

DDM

DDM

1999

Photographie de François Canard

Photographie de François Canard

Cérémonie 1999 en présence de trois grands résistants: Serge Ravanel, chef régional des FFI, Jean-Pierre Vernant , Chef départemental et Raymond Aubrac, tous trois du mouvement Libération-Sud, comme François Verdier.

1998

Cérémonie du 31 janvier 1998

1998 DDM

1998 DDM

1982

Cérémonie du dimanche 31 janvier 1982

DDM

DDM

1979

Cérémonie du dimanche 28 janvier 1979

1979 (2)

1978

Cérémonie du dimanche 29 janvier 1978

Discours de Jean-Pierre Vernant

1978

La cérémonie en forêt de Bouconne

Cérémonie 1946
Par défaut

Depuis plus de 80 ans, une cérémonie est organisée le 27 janvier ou le dimanche qui suit autour du Mémorial. Cet hommage à François Verdier se tient sur les lieux mêmes de son assassinat par la Gestapo.

IMG_4361

Historique du Mémorial

Quelques mois après la Libération de Toulouse, le 19 août 1944, les amis de François Verdier se rassemblent pour honorer la mémoire de celui qu’on avait eu tendance à oublier dans l’effervescence de la liberté retrouvée.

Déjà, un premier acte symbolique, sous l’impulsion de ses amis réunis dans un café célèbre de la place du Capitole, fut de débaptiser les allées du Maréchal Pétain. C’est ainsi que les belles allées, du monument aux morts au Grand Rond, furent appelées allées Forain-François-Verdier. Mais, ses amis avaient évidemment conscience que ce seul geste ne pouvait être suffisant pour sauvegarder la mémoire de l’homme qu’il était.

Les amis de François Verdier

Aussi, fut créée en novembre 1944, une association nommée « Les Amis de Forain François Verdier ». Ce sont les plus proches amis qui se retrouvent au bureau de cette association : Jacques Aribaut, Pierre Dumas, Ricardo Hernández Alvariño, Claudius Dupont, Albert Couronne, Louis Monzels, Jean Delpech, Pierre Degon « Monsieur Bouconne » (qui comme beaucoup de résistants à l’époque conserve son pseudonyme de guerre). L’association est présidée par Louis Mercadier, l’homme de confiance de François Verdier. Statuts 1945 amis FV

Dans ses statuts, l’association déclare avoir pour but « de grouper sans aucune distinction d’opinion, les Amis de François Verdier, Chef Régional du Mouvement de Libération Nationale, Héros et Martyr de la Résistance assassiné par les Allemands, d’assurer Aide et Protection à sa famille ; de perpétuer la mémoire, de défendre et propager ses idées de Patriotisme, de Liberté, de Justice, de Fraternité, d’Indépendance et de grandeur de la France, qu’il a servies. »

Les membres de l’association prennent l’engagement de se réunir une fois par an, en novembre, afin de préparer un hommage annuel à François Verdier. Lors de la première assemblée générale en janvier 1945, s’ajoutent d’autres membres au bureau: Noël Babit, Robert Landry, ainsi que Roger Bataille (en solidarité, car il ne rentrera de déportation qu’en avril 1945.)

Premières cérémonies en forêt de Bouconne

Dès novembre, l’association avait entrepris les démarches pour qu’une stèle soit installée en forêt de Bouconne, à l’endroit précis où le corps de François Verdier avait été retrouvé. La première cérémonie est organisée le dimanche 4 février 1945. Stèle d'origine

Lors de cette cérémonie, en l’absence de Jeanne toujours prisonnière au camp de Ravensbrück, la foule était nombreuse. Mais comme le fit remarquer, avec colère, Antoine Avinin, membre du CNR, les personnalités officielles brillaient par leur absence. « Et pourtant sans Forain-Verdier, nous n’aurions pas de Commissaire de la République, nous n’aurions pas de Préfet républicain, nous n’aurions pas de maire républicain. (…) Il faut souhaiter que la forêt de Bouconne devienne, auprès de la stèle de Verdier, un des centres de rassemblements patriotiques. »

la foule en forêt, 1946

la foule en forêt, 1946

En 1946, la foule est encore importante en forêt. Jeanne Verdier y assiste pour la première fois.

cérémonie 1946

cérémonie 1946

La cérémonie se poursuit ainsi les années suivantes, sauf en 1948, où les circonstances ont empêchés son déroulement. La foule des anonymes a diminué. Finalement, seuls quelques amis forment une rangée devant la stèle de Forain, toujours en présence de Jeanne, Françoise et Jacques, ainsi, que derrière, Germain Dupuy, le régisseur du domaine de La Salle, présent à chaque hommage.

cérémonie 1949, seule photographie en présence de Jeanne Verdier

cérémonie 1949, seule photographie en présence de Jeanne Verdier

 

Statuts 1945 amis FV 014Puis, au cours des années 1950, le registre de l’association se remplit de moins en moins, les amis ayant quitté Toulouse, d’autres ayant la santé déclinante. Il faut dire que cette époque n’est pas favorable à la mémoire de la Résistance.

1961, construction du Mémorial

1961 juillet

Après quelques années, Louis-Marie Raymondis, président régional de l’association Libération-Sud veut raviver la mémoire de François Verdier qu’il considérait comme « le grand oublié » de l’histoire de la Résistance. Le jeune étudiant en droit qu’il était pendant la guerre avait été marqué par ce Verdier dont il entendait souvent parler. Louis-Marie Raymondis n’avait eu l’occasion de le rencontrer qu’une seule fois pendant l’Occupation. Mais le charisme de Verdier a raisonné de 1940 à ce 27 janvier 1944. Louis-Marie lui-même avait dû fuir Toulouse après l’opération de minuit. Et le fait que François Verdier ait été « oublié » du titre de Compagnon de la Libération, tout comme un autre grand résistant, Raymond Naves, suscitait sa colère. Aussi, il fallait, réparer cette injustice et concevoir un véritable mémorial pour surélever la stèle initiale, posée sur un socle fin et ensevelie sous les haies.

1961: inauguration du Mémorial en forêt de Bouconne

1961: inauguration du Mémorial en forêt de Bouconne

Louis-Marie Raymondis réunit les fonds nécessaires, regroupe autour de lui les derniers amis et lance un projet d’aménagement de la stèle et de son élévation en mémorial. Déterminé, il gère tout le projet en sollicitant l’appui des collectivités locales et de l’État. A l’été 1961, le mémorial est terminé. La stèle a été déplacée dans la clairière, une plaque commémorative a été ajoutée pour Jeanne, décédée l’année précédente. Une autre est dédiée « à ses camarades, fusillés, déportés, massacrés »

IMG_4042

Louis-Marie Raymondis a totalement réorganisé la cérémonie, et le mémorial est inauguré le 12 novembre 1961. Les personnalités officielles ont cette fois ci été conviées. Toutes les associations d’anciens combattants, de la Résistance, de la Déportation sont présentes. Les Porte-drapeaux entourent le mémorial. Les représentants du Comité départemental de la Résistance (CDR) sont eux aussi présents. 

Cette nouvelle organisation instituée, le but est désormais d’assurer la pérennité de la cérémonie, en s’appuyant, toujours, sur un noyau de quelques personnes. Il ne fallait pas se disperser pour assurer la préservation de cet hommage particulier à François Verdier. Cette intimité demeure la préoccupation majeure de l’association. Lors de l’assemblée générale de novembre 1961, Achille Teste* le dernier à avoir vu Forain vivant. insiste sur la nécessité d’un noyau restreint pour survivre.  « L’expérience nous a, en effet, trop souvent démontré que l’esprit politique est fatal à l’esprit de la Résistance et à son Unité. »

Au fond, les deux petits-fils de François Verdier, à gauche son fils Jacques et sa fille Françoise. à droite l'abbé Raymondis

Au fond, les deux petits-fils de François Verdier, à gauche son fils Jacques et sa fille Françoise. à droite l’abbé Raymondis

Raymondis, quelques soient ces activités professionnelles, revint chaque année pour s’assurer du bon déroulement de la cérémonie, choisir très soigneusement chaque orateur et veiller à ce que le public soit prévenu.

Aujourd’hui

Puis Louis-Marie Raymondis a vieilli, les résistants, les administrateurs, décédaient les uns après les autres (Marie-Thérèse Jacquier, Roger Momtpezat, Achille Teste…). Il fut décidé d’élargir l’association aux enfants des anciens membres. Ce fonctionnement interne a perduré.IMG_4049

En 1994, l’association est réorganisée et de nouveaux membres y investissent leur énergie. Le petit-fils de François Verdier, Alain, reprend le flambeau de Louis-Marie Raymondis. D’autres descendants de résistants se voient également chargés par leurs aînés de veiller à assurer la transmission de la mémoire de François Verdier, ainsi les fils d’Armand Ducap, André Méric, Joseph Pontier, etc. Dès lors, l’association développe le caractère pédagogique de la cérémonie, à l’initiative de Georges Méric, alors vice-président à l’enseignement et à l’éducation au sein du Conseil général de Haute-Garonne. Une première cérémonie est organisée avec le principal du collège Forain-François-Verdier, Gilles Nave et ses élèves de l’établissement de Léguevin. Depuis, chaque année, l’un des collèges du secteur prépare une action avec les professeurs qu’ils présentent le jour de l’hommage (des interprétations de textes, de chants, de pièces de théâtre…). Associées ainsi à la cérémonie, les plus jeunes générations confèrent, par leur travail, une émotion toute particulière à cet hommage. Ainsi, une année, les élèves entreprirent de faire résonner dans la forêt des chants en allemand. L’objectif de transmission de l’association s’accomplit ainsi chaque année grâce à l’enthousiasme des enseignants et des élèves. IMG_4382

Enfin, il faut signaler la présence des habitants de Lézat-sur-Lèze qui font également le déplacement en forêt de Bouconne, chaque dimanche 27 janvier ou celui qui suit.

 IMG_4038



 

1945 – 2025 :

Plus de 80 ans d’hommages à François Verdier

1945 Antoine Avinin, Louis Mercadier, Noël Babit, Jean-Gabriel Barlangue et Paul Marcouire

1946 M. Fabre, secrétaire de l’association des Déportés de la Résistance

1947 Louis Mercadier, Président de l’association des Amis de François Verdier

1950 Louis Mercadier, Président de l’association des Amis de François Verdier

1951 Robert Landry, Président du Tribunal de commerce

1959 Achille Teste, Résistant

1961 Louis-Marie Raymondis, Fondateur du Mémorial (12 novembre 1961)

1962 Grand Maitre adjoint du Grand Orient de France

1963 Roger Moris, peintre et ancien inspecteur de la Vème région militaire.

1964 Jacques Maziol, Ministre de la Construction et le Général Germain Jousse, Compagnon de la Libération.

1965 Louis-Marie Raymondis

1966 M. Maurel

1967 Léon Eeckhoutte, Président du Conseil général de Haute Garonne

1968 Jean Cassou, Commissaire de la République de la Région de Toulouse, Compagnon de la Libération.

1969 Gaston Vedel, Compagnon de la Libération

1970 Jacques Combatalade, résistant du Réseau Morhange et le Colonel Georges Gaudron

1971 Alexandre Stirn, Préfet de la région Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne

1973 Louis-Marie Raymondis

1974 Armand Ducap, Résistant de Libération-Sud

1976 Henri Noguères, Chef régional du mouvement Franc-Tireur, historien

1977 Jean-Pierre Lévy, Fondateur du mouvement Franc-Tireur, Compagnon de la Libération.

1978 Jean-Pierre Vernant, chef de l’Armée secrète et des FFI en Haute Garonne, Compagnon de la Libération.

1979 Jean-Pierre Bloch, Président International de la LICRA

1980 Claude Hettier de Boislambert, Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération

1981 Roger Leray, Grand Maitre du Grand Orient de France

1982 Henri Amouroux, Historien

1983 Alex Raymond, Président du Conseil régional Midi-Pyrénées

1984 Jean Gatel, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense

1985 Dominique Baudis, Maire de Toulouse

1986 Serge Fuster « Casamayor », Ecrivain et magistrat au procès de Nuremberg

1987 Christian Dablanc, Préfet de la région Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne

1988 Pierre Vidal-Naquet, historien

1989 Léon Eeckhoutte, Sénateur, président du Conseil général de Haute Garonne,

1990 Lionel Jospin, Ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports

1991 André Méric, Secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre

1992 Jean Fonvielle, Général

1993 Jean Mattéoli, Résistant déporté, Président de la Fédération nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR) et Président de la Fondation de la Résistance

1994 Marcel Nahmias, Résistant

1995 Georges Mailhos, Président de l’Université de Toulouse le Mirail* aujourd’hui Université Jean-Jaurès

1996 Pierre Izard, Président du Conseil général de Haute Garonne

1997 Paul Quilès, Député du Tarn

1998 Raymond Aubrac, Résistant, Commissaire de la République de la Région de Marseille

1999 Rolande Trempé, Résistante et historienne

2000 Martin Malvy, Président du Conseil régional Midi-Pyrénées

2001 Louis-Marie Raymondis

2002 Michel Roquejeoffre, Général d’Armée, membre du Haut Conseil de la Mémoire Combattante

2003 Nicole Belloubet-Frier, Rectrice de l’Académie de Toulouse

2004 Remi Pech, Président de l’Université Toulouse-le-Mirail* aujourd’hui Université Jean-Jaurès

2005 Robert Marcault, Déporté, rescapé du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau

2006 Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’Enseignement

2007 Edouard Raymondis, Petit-fils de Paule et André Raymondis, résistants

2008 Paul Arrighi, Historien

2009 Jean Rebout, Inspecteur d’Académie, fils de déporté

2010 Catherine Lemorton, Députée de Haute-Garonne

2011 Pierre Cohen, Maire de Toulouse

2012 Jean Rafenomanjato, Inspecteur d’Académie

2013 Elérika Leroy, historienne

2014 Kader Arif, Ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants

2015 Alain Mila, Professeur d’histoire

2016 Pascal Mailhos, Préfet de la Région Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon

2017 Georges Méric, Président du Conseil départemental de la Haute-Garonne

2018 Pascal Nakache, Président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, section de Toulouse

2019 Carole Delga, Présidente de la région Occitanie

2020 Jean-Marie Guillon, Historien de la Résistance

2022 Jean-Pierre Blanc, délégué des Médaillés de la Résistance Midi-Pyrénées

Olivier Loubes, Historien

2023   Jean-Luc Moudenc , Maire de Toulouse, Président de Toulouse métropole

2024

Laurent Douzou, Historien de la Résistance

Florence Aubenas, Journaliste Grand reporter

2025

Isabelle Godéas, Présidente des Garibaldiens

Didier Goupil, Ecrivain